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20.06.2007
Rockeurs en tournée : Attention danger !
Nous sommes en plein dans la préparation de la tournée 2007/2008 !!!
Normalement, nous devrions venir voir chacun de vous, près de chez lui, dans les mois à venir !
Si nous sommes amenés à jouer dans des salles du types SMAC (Scène de Musiques Actuelles), nous passerons aussi dans des petits lieux, souvent mythiques. Ils permettent aux reseaux associatifs de s'exprimer et sont à la base de l'émergence du renouveau culturel français ! Et je pèse mes mots !
... non, TF1 et M6 ne sont pas les seuls à favoriser la diversité culturelle !
Si la conjoncture est de plus en plus dure pour la plupart des lieux (non, pas le gros machin carré dans la zone industrielle que l’on appelle Zénith), comme d’habitude c’est pour les plus « petits », petits en termes de moyens et non de talent ou d’utilité, que les crises sont les plus dures à passer.
Donc je vous rapporte,ci-dessous, le contenu d'un mail que j’ai reçu, qui explique assez bien la situation et qui, malheureusement, aborde des problématiques communes à bien des lieux labellisés ou pas :
Le CITRON NE PARTICIPERA PAS A LA FETE DE LA MUSIQUE...
Le Citron ne participera pas à la fête de la musique cette année en signe de protestation contre les conditions de plus en plus rocambolesques auxquelles les petits lieux musicaux sont confrontés (notamment ceux du centre ville), malgré leurs efforts pour maintenir une scène indispensable à l’émergence des jeunes groupes locaux.
Il faut être clair : aucune structure ne peut remplacer les cafés concerts (en leurs temps si loués et aujourd’hui si décriés…) Les « petits groupes » ont besoin de « petits lieux » pour commencer. Supprimer cette première étape c’est tuer dans l’œuf 95 % de chance de jouer pour un groupe peu connu! Chacun doit en avoir conscience.
NUISANCES SONORES ET RIVERAINS
Derrière l’attribut «NUISANCES SONORES» on exige des tenanciers et des musiciens un calibrage draconien du son, chose auquel la plupart des protagonistes se plient le plus souvent avec succès. Ainsi dans de nombreux lieux, beaucoup de travaux d’insonorisation (coûteux mais indispensables) ont été réalisés. Les efforts sont permanents. Mais l’intolérance est telle que ça ne suffit jamais et l’on se demande jusqu’où cette «escalade» d’exigences va nous emmener. Bientôt les batteurs de rock seront-ils remplacés par des joueurs de triangle?
Ajoutez à cela la question des allées et venues du public à l’extérieur de l’établissement: on demande aux tenanciers d’avoir un rôle de quasi-police pour éviter que les gens ne stationnent devant le bar et fassent du bruit dans la rue. Mais là encore, malgré les nombreux efforts fournis (portier, vigilence permanente, panneaux de réglementation …), on exige de nous l’impossible car il suffit que quelques personnes traînent à proximité de l’établissement pour que certains crient à l’émeute… Parfois même des gens passant dans la rue et qui ne sont même pas clients du bar! Que pouvons nous faire? Nous n’avons pas d’autorité pour réglementer la rue, et ce n’est pas notre travail. Voilà l’absurdité de la situation et la tache proprement ubuesque qui nous est pourtant confiée.
LOIS, DECRETS, ARRETES, SERVICE ECOLOGIE URBAINE
Les conditions d’impossibilité de travailler sont donc créées, conditions qui aboutiront fatalement si rien n’est fait à la disparition des lieux de diffusion musicale. A petits coups de lois, d’arrêtés, de décrets on en arrive à une interdiction pure et simple d’exercer, sans que le mot ne soit jamais mis en avant, sauvegardant par-là même l’illusion d’un vernis démocratique dans un pays ou la pseudo élite politicienne se targue de représenter les droits de l’homme, l’égalité, la liberté et la fraternité…
Une hypocrisie symbolisée par le service écologie urbaine qui applique des solutions de restrictions (test phonique + éventuellement limitateur de son évidemment à la charge du tenancier : bonjour le budget) et de sanctions (amende puis fermeture de l’établissement - concernant surtout les nuisances potentielles des gens dehors, comme si les établissements pouvaient être responsables de tout ce qui se passe dans la rue). Ces sanctions et restrictions étant bien sûr décrètées sans jamais la moindre concertation entre les différents protagonistes, alors que des solutions de gestion existent. Bref : des décisions sont prises sans mesurer leurs conditions d’application au quotidien.
2 constats s’imposent : soit ces bureaucrates, technocrates réglementent sans se soucier des conséquences sur le terrain (sont-ils même capables de les envisager ? On n’est là pas loin de l’incompétence) soit il s’agit d’une démarche délibérée ayant pour but de lisser le centre ville sans bien sur jamais l’affirmer. Pas bon dans les 2 cas.
INTERDICTION DE FUMER
Et comme si ça ne suffisait pas, se profile à l’horizon 2008 l’interdiction de fumer dans les lieux publics. On atteint le summum de l’absurdité: Rappelons que la vente de cigarettes est monopole d’Etat, celui-ci (autrement dit le dealer) vous charge - que dis-je - vous oblige à ce qu’aucune cigarette qui tue (que lui même vend!) ne se consume dans votre lieu… Et il vous charge de construire - à vos frais - un espace fumeur hérmetiquement clos, ou vous oblige a aller en griller une dehors, dans la rue… Rue dans laquelle on retombe fatalement sur les problèmes de nuisances sonores extérieures avec le voisinage (voir plus haut)!
Voilà. La boucle est bouclée, le piège est refermé car il est impossible pour tout responsable de petites structures de faire face à cette armada d’obligations et de se soumettre a autant d’éléments contradictoires et inadaptés.
CONCLUSION
Chacun aura compris que l’existence de petites scènes de proximité est grandement menacée. Aucune entité politico administrative, aucun parti et ce quelle que soit sa couleur politique ne peut se vanter de soutenir la culture musicale locale si les petits lieux de concert, étape INDISPENSABLE, disparaissent. Tous les groupes, les plus grands inclus, ont commencé par-là ! Il est temps de clarifier la situation autour d’une table réunissant les parties concernées, à commencer par les tenanciers. Pour cela les autorités et les politiques doivent accepter d’écouter, de cesser de penser qu’elles savent tout et qu’elles ont toujours raison car dans ce domaine comme dans tant d’autres ce n’est pas forcément le cas.
Sans trop d’illusion sur ces derniers mots, le Citron suggère à tous ceux qui se sentent impliqués d’une façon ou d’une autre dans la musique en général et plus particulièrement dans la nouvelle scène rock, pop lyonnaise et son public toujours grandissant, dont le Citron est un fief, à rester vigilant et à se tenir prêt ! Car un jour ou l’autre il faudra réagir…
Fred.
Le Citron
LE CITRON
20, rue Saint Georges - 69005 LYON
Tel.: 04 78 376 397
www.lecitron.net
www.myspace.com/lecitron
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